Sélectionnez votre langue

Article de K-Tipp du 30 septembre 2026 consacré aux PFAS dans l’eau potable
Article de K-Tipp du 30 septembre 2026 sur les PFAS et l’efficacité des filtres à eau

PFAS dans l’eau potable : ce que les filtres éliminent réellement

Pour juger l’efficacité d’un filtre contre les PFAS, une promesse commerciale ne suffit pas. Il faut connaître les substances présentes avant le traitement, mesurer leur concentration après filtration et examiner les conditions de l’essai.

Dans son article du 30 septembre 2026, K-Tipp pose donc une question légitime : les filtres à eau tiennent-ils leurs promesses face aux PFAS ? Sa critique des affirmations insuffisamment étayées est importante. Certaines conclusions sur les procédés de filtration et les eaux faiblement minéralisées appellent toutefois des nuances. Une technologie, l’appareil qui la met en œuvre et les performances effectivement mesurées sont trois réalités distinctes.

Consulter l’article de K-Tipp du 30 septembre 2026 — un abonnement à K-Tipp est nécessaire pour y accéder.

Deux échantillons, un résultat mesurable

Sur une installation BUBBLE-COOL, un laboratoire suisse indépendant a analysé l’eau avant et après traitement. Les rapports d’Umweltcheck.ch / Triwa AG présentent les résultats suivants :[2][3]

Résultats communiqués par le laboratoire, en µg/l
Paramètre Avant traitement Après traitement
Somme PFAS[4] 0,068 < 0,010
Somme PFAS[20] 0,076 < 0,010
PFOS 0,06030 < 0,00768

Le résultat concernant les PFOS est particulièrement parlant : la substance était mesurable avant traitement, puis sa concentration est passée sous la limite de quantification indiquée. Pour cette comparaison d’échantillons, le calcul fait apparaître une réduction de plus de 87 % des PFOS.

Le signe « < » ne signifie pas qu’il ne restait plus aucun PFOS. Sous cette limite, le laboratoire ne peut simplement plus fournir de concentration chiffrée avec une fiabilité suffisante. La réduction réelle peut donc être plus élevée. Les sommes sont reproduites telles qu’elles figurent dans les rapports ; leur interprétation dépend aussi de la manière dont le laboratoire intègre les valeurs individuelles inférieures à la limite de quantification.

Ces analyses documentent une comparaison précise entre deux échantillons. Elles ne garantissent pas les mêmes résultats pour toutes les eaux brutes, l’ensemble des PFAS ou toute la durée d’utilisation du filtre.

Consulter le rapport d’analyse avant traitement par BUBBLE-COOL
Consulter le rapport d’analyse après traitement par BUBBLE-COOL

La mesure initiale change tout

Une substance devenue non quantifiable après filtration n’a pas nécessairement été éliminée par l’appareil : elle pouvait déjà se trouver sous la limite de quantification dans l’eau non traitée. C’est pourquoi SANSEI privilégie les analyses comparatives avant-après. Elles établissent ce qui était effectivement mesurable dans l’eau d’origine, puis montrent l’évolution des concentrations après traitement.

Cette précaution est d’autant plus importante que les PFAS forment une vaste famille de substances. Un filtre peut retenir efficacement certains composés et se révéler nettement moins performant pour d’autres. Le charbon actif, par exemple, adsorbe généralement mieux de nombreux PFAS à chaîne longue que les composés à chaîne courte. L’efficacité et la durée d’utilisation dépendent aussi du matériau filtrant, du temps de contact, de la composition de l’eau brute et du volume déjà traité.

Plusieurs procédés efficaces existent. L’Agence américaine de protection de l’environnement, l’EPA, cite le charbon actif, certains échangeurs d’anions adaptés et les procédés membranaires tels que l’osmose inverse. Leurs performances varient selon les PFAS présents, le dimensionnement de l’installation et ses conditions d’exploitation.[1]

Un pourcentage de réduction n’est donc utile que s’il répond à trois questions : quelles substances ont été recherchées, dans quelles conditions les mesures ont-elles été réalisées et la performance se maintient-elle jusqu’au remplacement prévu du filtre ?

Le TFA doit être évalué à part

L’acide trifluoroacétique, ou TFA, appartient aux PFAS à chaîne ultracourte. Il n’a pas été recherché dans les rapports cités ; ceux-ci ne permettent donc pas de déterminer dans quelle mesure BUBBLE-COOL le réduit.

Le charbon actif ordinaire n’est pas adapté à l’élimination du TFA. Lors d’une étude expérimentale, le dispositif d’osmose inverse testé a retenu entièrement cette substance. Cette observation reste limitée aux conditions étudiées et ne remplace pas une preuve de performance propre à un appareil domestique donné.[4]

L’osmose inverse n’est pas une distillation

La distillation vaporise l’eau avant de condenser la vapeur obtenue. L’osmose inverse utilise la pression et une membrane sélective, qui retient de nombreuses substances dissoutes ensuite évacuées dans un flux de concentrat distinct.[5]

Ce traitement réduit également les concentrations de calcium et de magnésium. L’eau obtenue est donc moins minéralisée, sans être nécessairement dépourvue de tous minéraux ni assimilable à de l’eau distillée. Sa composition dépend de l’eau d’origine, de la membrane utilisée et de la conception de l’installation.

Une faible minéralisation ne suffit pas à rendre l’eau nocive

L’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques a étudié les eaux minérales, les eaux de source et les eaux de table très faiblement minéralisées. Selon les connaissances disponibles, il n’anticipe pas d’effet indésirable sur la santé dans le cadre d’une alimentation équilibrée et de quantités habituellement consommées, tout en soulignant que certaines connaissances font encore défaut.[6]

Cette évaluation ne constitue pas une approbation générale de tous les appareils de filtration. Elle montre en revanche qu’une faible teneur en minéraux ne suffit pas, à elle seule, à rendre une eau nocive. L’alimentation dans son ensemble, la quantité d’eau consommée et la qualité hygiénique entrent également en ligne de compte.

Si votre alimentation est déséquilibrée, si vous jeûnez pendant une période prolongée ou si vos besoins sont particuliers, il convient de considérer l’ensemble de vos apports minéraux, notamment pendant la grossesse et l’allaitement. Pour compenser les pertes hydriques lors d’efforts physiques prolongés, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques ne recommande pas de boire exclusivement ou principalement une eau très faiblement minéralisée.

Ce que votre eau apporte réellement en calcium

Le calcium et le magnésium proviennent de différents aliments et boissons. La part fournie par l’eau potable varie fortement selon sa composition locale. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que cette contribution peut devenir importante lorsque les apports sont faibles.[7]

Une eau contenant 100 mg de calcium par litre en apporte 200 mg si vous en buvez deux litres, soit 20 % de l’apport quotidien recommandé de 1 000 mg pour un adulte. À 20 mg par litre, cette contribution tombe à 4 %. Ces chiffres sont donnés à titre d’illustration : seule l’analyse de l’eau distribuée chez vous permet d’effectuer le calcul correspondant à votre situation.[8]

Les minéraux de l’eau peuvent ainsi représenter un apport modeste ou plus conséquent, mais une alimentation équilibrée reste la base. Tout conseil pertinent doit tenir compte de la composition de votre eau, du traitement recherché et de vos habitudes quotidiennes.

Un filtre se juge aussi avec le temps

L’évaluation d’une installation ne s’arrête pas aux résultats obtenus avec un filtre neuf. L’entretien, l’hygiène et la transparence des coûts ultérieurs comptent également. Les filtres doivent être remplacés à temps et les systèmes entretenus conformément aux instructions du fabricant, comme le souligne expressément l’EPA.[9]

Sur les appareils BUBBLE-COOL équipés de l’osmose inverse ainsi que sur les appareils ULTRA-SLIM, la conductivité électrique de l’eau est surveillée en continu. Lorsque l’installation ne respecte plus la valeur de conductivité prévue, vous recevez par e-mail une recommandation d’entretien de la membrane.

Cette recommandation repose sur les performances mesurées dans les conditions réelles de votre eau, et non sur la seule échéance d’un délai uniforme. La composition de l’eau brute et l’intensité d’utilisation influencent en effet la durée de fonctionnement des membranes. Les frais d’entretien suivent ainsi le besoin réel de maintenance, ce qui peut éviter un remplacement prématuré et inutile.

La conductivité aide à repérer une évolution des performances membranaires. Elle ne remplace pas les analyses de laboratoire nécessaires à la détection de substances particulières telles que les PFAS. Le remplacement prévu des filtres et l’entretien hygiénique restent indispensables.

La bonne décision commence par votre eau

Si vous envisagez un traitement, commencez par examiner les données de votre réseau de distribution et vos besoins. SANSEI vous accompagne pour déterminer la solution appropriée, vérifier les preuves disponibles et préciser ce que son suivi implique au quotidien.

Vous savez ainsi ce que le traitement peut accomplir — et sur quelles mesures repose votre décision.

ÊTRE EN BONNE SANTÉ — POUR L’HUMAIN ET LA NATURE.